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lundi 23 mars 2020

Coronavirus en Espagne - Jour 5


Jour 5

Cinq jours après la déclaration de l’État d’alarme, les premiers graffitis sont apparus dans les murs des villes espagnoles. Les citoyens ne voulaient pas accepter ce changement de leur mode de vie.

En effet, les citoyens ne  comprenaient pas pourquoi devaient-ils rester chez eux. Il n’y avait pas eu de déclaration de guerre face à un ennemi tangible. La dernière expérience des espagnols avec un virus s’était très bien passée en 2104. Donc, pourquoi craindre maintenant le coronavirus ? Tout le monde pensait que le virus Ébola était bien plus dangereux. Le seul décès de l’époque avait été le chien d’une infirmière contaminée dans son travail. En plus, ce pauvre animal n’était pas mort de la maladie. Il avait été tué par la police en preventión d’un possible cas de contagion.






lundi 13 février 2017

#JusticePourTheo

Les faits dont a été victime Théo à Aulnay-sous-Bois sont terribles.

Un syndicaliste policier a osé expliquer sur les chaînes de télévision que l’introduction d’une matraque dans l’anus du malheureux jeune homme était un accident. C’est incompréhensible que les circonvolutions de l’Inspection Générale de la Police Nationale, écartent la thèse d’un « viol délibéré », comme si ce qui s’est produit pouvait être involontaire. Même  Parquet a requis l’ouverture d’une information judiciaire sans retenir la qualification de viol, accréditant ainsi cette version aussi absurde que honteuse.

Heureusement, le juge d’instruction a rendu son honneur à la justice et au Droit en estimant, sans préjuger de la culpabilité des mis en cause, que les éléments matériels recueillis justifiaient leur mise en examen pour viol. De plus, il faut établir si oui, ou non, ces agissements ont été accompagnés d’injures à caractère raciste comme l’a déclaré Théo. Trop souvent, cette circonstance aggravante est passée sous silence et n’est jamais réparée. Si en plus du reste, la victime a dû essuyer des « négro » et autres « bamboula », les associations antiracistes devront se constituer évidemment partie civile, à ses côtés.
Mais les inquiétudes liées à cette affaire ne s’arrêtent pas à la question de la recherche de la vérité et des responsabilités. La justice est saisie et sera rendue. Cette agression, la manière dont elle est présentée, commentée, parfois exploitée, doit appeler la vigilance et la fermeté dans la défense des valeurs democratiques.

Les médias et les élus ont une responsabilité particulière dans le traitement de l’information et la formation de l’opinion publique. Chacun peut être inquiet en observant que la presse et le maire de la ville ont estimé devoir expliquer que Théo est le meilleur des garçons et que sa famille est honorablement connue dans la commune, ce dont personne ne doute. Est-ce à dire que les faits seraient moins graves s’il s’était agi d’un « mauvais garçon » ? Rappelons qu’une introduction anale est un viol quel que soit l’auteur et mais aussi quelle que soit la victime.

Cette agression met également en tension notre relation aux forces de l’ordre. Nous savons l’importance du travail qu’elles accomplissent, souvent péril de leur vie, pour assurer la protection de tous face à la menace terroriste. Et c’est précisément parce que nous devons conserver avec elles ce lien de confiance intact qu’il ne faut laisser aucune prise à ceux qui, poursuivant d’autres objectifs, voudraient généraliser cette affaire particulière pour expliquer que nous vivrions en France sous la férule d’un Etat policier post-colonial et esclavagiste. Certains collectifs prétendument antiracistes et d’extrême-gauche voient dans le cas de Théo une occasion rêvée de crier au « racisme d’État » qui fait prospérer leur petite entreprise identitaire. De la même manière, l’extrême-droite procède elle aussi à des généralisations délétères où les policiers seraient nécessairement exempts de tout compte à rendre et les victimes forcément coupables, surtout de ne pas être blanches.

De ce piège, nous devons être pleinement conscients et sortir au plus vite. La seule voie valable est celle du respect de notre État de droit et du fonctionnement républicain des pouvoirs et des contre-pouvoirs.

Justice aujourd’hui doit être rendue à Théo, au nom du peuple Français, en dehors des instrumentalisations et des manipulations qui émergent sous l’effet des extrémismes identitaires. En ces temps troublés et confus, il n’est pas inutile de relire nos textes fondateurs et rappeler, conformément à l’article 12 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen que « la garantie des droits de l’Homme et du Citoyen nécessite une force publique : cette force est donc instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée. » Chacun est en droit d’attendre que ces dispositions ne quittent jamais l’esprit de nos policiers et de l’ensemble de nos concitoyens.



jeudi 8 décembre 2016

Réponse de Alain Jakubowicz (LICRA) á Marine Le Pen

 
Déclaration sur les étrangers : Marine Le Pen plagie son père

Marine Le Pen, dont on regrette déjà la « diète médiatique », a déclaré ce matin que « si vous venez dans notre pays, ne vous attendez pas à ce que vous soyez pris en charge, à être soignés, que vos enfants soient éduqués gratuitement, maintenant c'est terminé, c'est la fin de la récréation ! ».

Il faudra un jour expliquer à Marine Le Pen que le déracinement lié à l'immigration n'est pas « une récréation ». Les enfants ayant échappé à la mort en Syrie ou en Irak ne sont pas venus en France pour le plaisir de se divertir. Ils sont venus pour survivre, se soigner, se reconstruire. C'est l'honneur de la France de les accueillir.

Les propos de Marine Le Pen sont évidemment indignes et marquent une rupture avec la tradition républicaine de notre pays et les engagements internationaux de la France. Notamment, le droit à l'éducation est un droit fondamental, proclamé dans la Déclaration universelle de Droits de l'Homme, la Convention européenne des droits de l'Homme et à notre loi fondamentale qui dispose que « la Nation garantit l'égal accès de l'enfant et de l'adulte à l'instruction, à la formation professionnelle et à la culture. L'organisation de l'enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l'État. »

En faisant cette proposition scélérate, Marine Le Pen ne dit pourtant rien de nouveau. Son père a toujours soutenu la suppression de l'aide médicale d'Etat et se proposait, dans son programme pour les présidentielles de 2002, de « libérer l'école de l'immigration ». Comme lui, elle propose un programme antirépublicain fondé sur la xénophobie.

samedi 21 mars 2015

21 mars, Journée internationale de lutte contre le racisme

Il y a 49 ans, l’ONU a instauré la Journée internationale de lutte contre le racisme. En Espagne, l’année 1966 est la  vingt-septième année du régime de Franco, selon-lui, un régime de paix, la paix des cimetières. Il a fallu attendre l’arrivée de la démocratie en 1978 pour le racisme commence à exister dans les livres d’études et dans les lois. C’est dans l’article 14 de la Constitution que l’égalité des espagnols est proclamée sans qu’aucune discrimination puisse être introduite fondée sur la naissance, la race, le sexe, la religion, l'opinion ou sur toute autre situation ou circonstance personnelle ou sociale.

Cependant, le chemin de l’égalité des citoyens est loin d’être achevé. Les vieux démons espagnols réapparaissent. L’étranger, le Juif, le Rom, le Musulman - ou supposé tel - ou encore le sans papier, sont les «  boucs émissaires  » auxquels est attribuée la responsabilité de tous les maux et de toutes les injustices de la société, qu’ils sont pourtant parmi les premiers à subir. 

Profitant du désarroi d'une partie de plus en plus grande de la population, en Espagne comme dans l’ensemble de l’Europe, l’extrême droite progresse. Son  discours xénophobe se veut rassurant pour une partie de la population. En plus,  l’apparente impunité des réseaux sociaux permet une liberté d’expression qui est utilisée pour tenir des propos odieux, racistes, xénophobes et homophobes.

Mais l’extrême droite n’est pas seule en cause. La Méditerranée est devenue le cimetière de milliers de migrants africains. En Europe, une nouvelle campagne de traque contre les sans-papiers a été lancée. Les pays membres de l’espace Schengen ont organisé une opération baptisée « Mos Maiorum »  contre les immigrants clandestins. Les migrants arrêtés devaient être soit renvoyés dans leur pays d’origine ou bien maintenus en rétention.
Dans certains pays européens, les expulsions d’étrangers Roms n’ont jamais été aussi nombreuses. Comment s’étonner de la banalisation du racisme ?

En Espagne, quand les responsables régionaux tiennent des propos stigmatisants, les citoyens se sentent protéger dans la recrudescence des actes racistes au quotidien. Au niveau national, il faut savoir que les traques des étrangers ont commencé avec le circulaire nº 1 du 25 janvier 2010 du Commissariat general des frontières de la police national. Durement critiqué par les syndicats policiers, le Ministre de l’Intérieur, Alfredo Pérz Rubalcaba, s’est défendu en parlant des erreurs de communication. Mais il ne l’a pas dérogé. Les contrôles au faciès ont perduré. Les Africains et les Sud-Américains subissent les mêmes injures.

Le 11 janvier, des millions de citoyens ont dit leur solidarité au cri de « Jesuis Charlie ». Ils ont dit aussi leur refus de la haine et de l'amalgame. Mais depuis cette date, en Espagne aussi, les actes islamophobes ont augmenté par rapport à janvier 2014. Les actes antisémites ont doublé en un an.

En ce 21 mars, il faut réaffirmer notre refus de toute forme de racisme. Le véritable objectif doit être une véritable égalité des droits parce que le racisme prospère sur les inégalités. La société doit se mobiliser pour faire reculer les problèmes sociaux et politiques, générateurs de souffrances et d’inégalités.

C'est sur ces bases universalistes qu’en 1978, notre Constitution a été approuvée: liberté, justice, égalité, et pluralisme politique.

dimanche 8 mars 2015

Sur la journée internationale de la femme.

Les femmes représentent la moitié de la population. Ce simple chiffre statistique devrait suffire pour une reconnaissance des droits. Cependant, ce n'est pas le cas. Principalement dans les zones de conflits armés, elles sont souvent des proies pour ces durs guérilleros qui prétendent les défendre, bien sûr, sans leurs accords.

Tel est le cas de Boko Haram, le groupe terroriste du Nigéria, qui justifie ses actions par une lecture honteuse du Coran. Pour les chercheurs des réseaux sociaux, je laisse les lectures du hasthtag #BringBackOurGirls qui vont de la sincère société civile nigérienne à la vague de sentimentalisme globale des stars du « show business », posant avec des affiches de protestation.

Cependant, après une guerre, les femmes devraient participer activement aux changements et solutions qui touchent la société, y compris la résolution des conflits ultérieurs. L’expérience des conflits armés a prouvé qu'il est d'une importance cruciale de permettre la pleine et égale participation des femmes dans la paix et la sécurité. L'inclusion des femmes augmente la probabilité de parvenir à une paix durable.

Malheureusement, les femmes ne sont pas souvent considérées comme parties prenantes dans les processus de paix. Invitées à prendre les armes en temps de guerre, elles sont reléguées à des tâches auxiliaires en temps de paix. Tel est le cas de l'actuel processus de paix en Colombie.

Souvent, elles ont supporté plus de quotas de cruauté dans les conflits que les hommes. Par conséquent, elles devraient recevoir leurs réparations proportionnelles et leurs dédommagements. De nombreuses ONGs travaillent dans cette ligne. Une d'elles est COLEMAD (Colectivo Mujeres al Derecho). Cette association se consacre depuis 2003 à étudier et intervenir sur la situation, les besoins et les droits des femmes rurales touchées par le déplacement forcé et le conflit armé en général, ainsi que sur la responsabilité de l’Etat.

Par conséquent, le monde doit accepter que les femmes ne soient pas de simples victimes civiles. Il est de justice reconnaître le rôle crucial des femmes dans la reconstruction de sociétés et de la promotion de la paix.

Les femmes devraient jouer un rôle de décideurs dans toutes les étapes de résolution des conflits, aussi bien dans la paix, pour les pourparlers de réconciliation, comme dans la prévention de la répétition à l'avenir des conflits.

Le quinzième anniversaire de l'adoption de la résolution 1325 du Conseil desécurité de l'ONU est un rappel de la nécessité de redoubler les efforts de donner une voix aux femmes dans la consolidation de la paix. Grâce à l'adoption d'un Plan National d'action sur les femmes, paix et sécurité, chaque administration locale pourrait contribuer substantiellement aux aspirations d'une implémentation de cette importante résolution.


La garantie de l’égalité des  droits pour les femmes et les hommes est essentielle pour la sécurité et une paix durable dans le monde.

dimanche 15 février 2015

Le touriste social en Espagne

La Cour de Justice de l'Union Européenne a considéré que les Etats de l'UE n'étaient pas tenus de verser des prestations à des citoyens d'autres Etats membres, ne se rendant sur leur territoire que pour bénéficier de l'aide sociale. L’arrêt de la cour, dans l’affaire C-333/13 peut se lire en cliquant ici.

On a aussitôt parlé d'un « tourisme social » et de déplacements en vue de bénéficier de prestations. En Espagne, on montre du doigt les Roms de Roumanie et de Bugarie. Cependant, personne n’a osé stigmatiser les retraités européens du Nord qui achètent des maisons á la plage. Il est évident que les complexes racistes et xénophobes en sont la cause.

Tout d’abord, il faut reconnaitre que l’article 14 de la Constitution de 1978 a reconnu l’égalité entre tous les espagnols. Cela a permis de fermer les écoles séparées qui existaient pour les Roms. Trente ans après, les chiffres sont éloquents. Aujourd’hui, ceux qui vivent dans les bidonvilles représentent le 4 % de la population face au 31% en 1980. Un taux de 93,2% d’enfants scolarisés prouve l’effort fait par tous.

De leur côté, les Roms no espagnols vivent dans des conditions précaires et se sont réfugiés dans la mendicité. Ces personnes cherchent à fuir des discriminations sociales et racistes qui en font de véritables "relégués" dans leurs pays de nationalité, désormais membres de l'Union Européenne. C'est dans ce contexte qu'ils recherchent des conditions de vie meilleures, en premier lieu par l'accès au travail, le plus souvent dans des métiers particulièrement durs et mal rémunérés. Mais, ils ne bénéficient aucunement de prestations sociales qui seraient "de droit", sauf précisément dans les cas où ils travaillent et paient leurs cotisations sociales.

De l’autre côté de la balance, se trouvent les retraités européens du Nord. Ceux-ci connaissent leurs droits. Ils savent se défendre. Il est vrai qu’ils ont, soit signé un bail, soit un contrat d’achat d’une maison. Ce fait permet qu’ils obtiennent un document, le NIE, le numéro d’identité de l’étranger. Après-ça, il est plus simple d’avoir la carte d’assistance sanitaire. Avec ce parcours administratif, ils ont eu accès au système de santé espagnol, universel, gratuit et organisé par régions autonomesQuand on connait les frais des opérations dans certains pays « riches », on comprend pourquoi ils viennent s’opérer dans un pays « pauvre » comme l’Espagne.

Maintenant, tous ressortissants européens ne peuvent bénéficier en Espagne de prestations sociales telles que les allocations familiales, les aides au logement ou autres s'ils ne remplissent pas certaines conditions. Comme les Espagnols et les autres ressortissants européens, les citoyens roumains et bulgares présents en Espagne qui bénéficient de prestations sociales sont ceux qui cotisent et paient leurs impôts. Les aides qui ne sont subordonnées à aucune condition de séjour, sont presque nulles. La seule possibilité est de tomber malade et aller d’urgence á l’hôpital. Tous les êtres humains quelle que soit leur nationalité ont droit á être soigner. Si quelqu’un ose dire le contraire, il faut lui rappeler le Serment d'Hippocrate: « Je donnerai mes soins gratuits à l'indigent ».

 Il est évident que tous les résidents en Espagne, quelle que soit leur nationalité, devraient accéder à tous les droits et prestations de droit commun dans les mêmes conditions pour tous, ce qui est loin d'être le cas : le montant des droits non perçus est bien supérieur à celui des éventuelles fraudes.

L’affaire C-333/13
Dans l’affaire C333/13, ayant pour objet une demande de décision préjudicielle au titre de l’article 267 TFUE, introduite par le Sozialgericht Leipzig (Allemagne), par décision du 3 juin 2013, parvenue à la Cour le 19 juin 2013, dans la procédure Elisabeta Dano, Florin Dano contre Jobcenter Leipzig,  la Cour (la grande chambre), dit pour droit:
   1)      Le règlement (CE) n° 883/2004 du Parlement européen et du Conseil, du 29 avril 2004, sur la coordination des systèmes de sécurité sociale, tel que modifié par le règlement (UE) n° 1244/2010 de la Commission, du 9 décembre 2010, doit être interprété en ce sens que les «prestations spéciales en espèces à caractère non contributif» au sens des articles 3, paragraphe 3, et 70 de ce règlement relèvent du champ d’application de l’article 4 dudit règlement.
   2)      L’article 24, paragraphe 1, de la directive 2004/38/CE du Parlement européen et du Conseil, du 29 avril 2004, relative au droit des citoyens de l’Union et des membres de leurs familles de circuler et de séjourner librement sur le territoire des États membres, modifiant le règlement (CEE) n° 1612/68 et abrogeant les directives 64/221/CEE, 68/360/CEE, 72/194/CEE, 73/148/CEE, 75/34/CEE, 75/35/CEE, 90/364/CEE, 90/365/CEE et 93/96/CEE, lu en combinaison avec l’article 7, paragraphe 1, sous b), de celleci, ainsi que l’article 4 du règlement n° 883/2004, tel que modifié par le règlement n° 1244/2010, doivent être interprétés en ce sens qu’ils ne s’opposent pas à la réglementation d’un État membre en vertu de laquelle des ressortissants d’autres États membres sont exclus du bénéfice de certaines «prestations spéciales en espèces à caractère non contributif» au sens de l’article 70, paragraphe 2, du règlement n° 883/2004, alors que ces prestations sont garanties aux ressortissants de l’État membre d’accueil qui se trouvent dans la même situation, dans la mesure où ces ressortissants d’autres États membres ne bénéficient pas d’un droit de séjour en vertu de la directive 2004/38 dans l’État membre d’accueil.



jeudi 5 février 2015

21 Egyptiens décapités

L'Etat islamique(EI) a provoqué notre horreur et notre indignation suite à la diffusion, aujourd’hui dimanche 5 février, d'une vidéo montrant la décapitation de 21 Egyptiens de confession chrétienne copte récemment kidnappés en Libye. Sur la vidéo, des hommes portant des combinaisons orange, semblables à celles d'autres otages exécutés ces derniers mois en Syrie, sont alignés sur une plage les mains menottées dans le dos, avant que leurs bourreaux ne les décapitent au couteau.
En janvier, la branche libyenne de l'EI avait affirmé avoir kidnappé 21 coptes égyptiens.
Par ce crime abominable, l'organisation djihadiste démontre qu'elle a exporté ses méthodes en dehors des régions qu'elle contrôle en Syrie et en Irak et où elle a multiplié les atrocités.
Ces épouvantables barbares prolifèrent sur le terreau d'une situation géopolitique dégradée. Les interventions militaires aventureuses menées au nom de la «lutte contre le terrorisme» n'ont fait qu'ouvrir des espaces politiques nouveaux à la terreur islamiste et son projet totalitaire.
Donc, il faut apporter tout notre solidarité aux coptes d'Egypte soumis depuis  plusieurs années à la haine fanatique.

mardi 27 janvier 2015

libération du camp d’Auschwitz (Pologne)

Ce 27 janvier 2015 marque  le soixante-dixième anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz (Pologne) par les soldats soviétiques, à l'issue de la seconde guerre mondiale.

La libération d’Auschwitz, puis des autres camps de concentration, révélait au monde entier les indicibles souffrances endurées par dix millions d’enfants, de femmes, d’hommes, que le régime nazi, ses sbires de la Gestapo et leurs complices, avaient recensés, pourchassés, arrêtés, raflés, marqués, dépouillés de tous leurs biens, d’abord en Allemagne puis dans tous les pays de l’Europe occupée.

Juifs, Tsiganes, Francs-maçons, handicapés, malades mentaux, syndicalistes, militants politiques opposés au régime, communistes, républicains espagnols, socialistes, chrétiens, protestants, catholiques, témoins de Jéhovah, homosexuels, tous ont été livrés à l’esclavage et à la mort, broyés par la gigantesque machine à exploiter et à exterminer, mise au point par Hitler et le pouvoir nazi. Ce furent 203 camps au service d'une entreprise d'extermination scientifiquement organisée.

70 ans après l'indicible, la transmission de la mémoire de «ce qui a failli dominer le monde» mais aussi la résistance au prix de leur vie par ceux «qui refusaient de vivre à genoux», comme le chantait Jean Ferrat, sont une impérieuse nécessité.

Se souvenir des déportés, de leurs martyres dans les chambres à gaz, mais aussi - pour que l'histoire ne se répète pas - tenter de comprendre comment cette épouvantable machine à tuer a pu se mettre en place, pourquoi elle n’a pu être stoppée.  Le monde connaissait pourtant les théories racistes, notamment antisémites, de «la race supérieure», développées par Hitler. Il  connaissait aussi le slogan « 500 000 chômeurs, 500 000 Juifs, la solution est simple »

Le 19 avril 1945, 21.000 rescapés du camp de Buchenwald-Dora jurèrent que leur martyre ne serait jamais oublié et qu'ensemble les survivants combattraient le fascisme, l'antisémitisme, le racisme et la haine de l’autre.
Les tragiques événements de ce début de mois de Janvier 2015, qui ont bouleversé la France, démontrent hélas que la victoire des peuples sur l'horreur reste précaire et jamais acquise: le fascisme, nationaliste ou religieux, menace toujours l'humanité. 
En France, pas moins de 423 actes antisémites furent recensés en 2013. Ce chiffre a pratiquement doublé en 2014. Les récents attentats de Créteil, Bruxelles et Toulouse, de la porte de Vincennes en ce début de 2015, sont là pour nous le rappeler douloureusement. A travers l'Europe, les partis  d’extrême droite relaient  un discours soit antisémite soit islamophobe. 
Actes et propos haineux racistes se propagent également à l'encontre des musulmans, des Roms....
La parole raciste se libère chaque jour sur internet. A côté des sites ouvertement néonazis ou des blogs de réseaux «  sociaux  » qui prônent ouvertement l’antisémitisme et/ou l’islamophobie,  des sites mercantiles réhabilitent la notion de «race» en proposant par exemple aux visiteurs de déterminer  leur origine juive par une analyse ADN.

En ce 70ème anniversaire de la libération des camps  - qui est aussi  celui des marches de la mort de quelques 50.000 hommes, femmes et enfants  jetés sur les routes du Reich, il faut plus que jamais:
            - se mobiliser contre tout racisme, quels qu'en soient les auteurs ou les victimes,
            - œuvrer pour un monde plus juste et plus égalitaire
            - continuer à faire nôtre le "plus jamais ça" des survivants des camps

Leur volonté, leur avertissement exigent de nous une mémoire agissante qui se manifeste par une vigilance de tous les instants pour mettre à jour, comprendre, dénoncer, combattre toutes les paroles, tous les actes, toutes les décisions qui ouvrent la voie au mépris de tout ce qui est humain.

dimanche 25 janvier 2015

Refuser le racisme et la haine

Suite à l'attaque terroriste perpétrée contre "Charlie Hebdo", une vague intolérable d'islamophobie et de violences contre les musulmans s'est installée dans le monde.  Le royaume de l'Espagne n'en est pas épargné. D'une part comme réaction et d'autre comme occasion,  le sentiment antimusulman est apparu sans problème.

Cependant, il faut refuser l'amalgame et la haine à l'encontre des musulmans. Ce devoir doit se faire tout d'abord parce qu’ils sont d'ailleurs eux-mêmes les premières victimes de l'intégrisme et du fascisme religieux.

L'État espagnol doit réaffirmer sa solidarité  avec toutes les victimes de racisme, de discriminations et de violences, qu’ils soient journalistes, policiers, citoyens de religion juive, musulmane ou Roms...

Il faut absolument refuser toute logique de «guerres des civilisations », telle qu'elle fut définie depuis le 11 septembre 2001. Depuis lors, elle n'a que trop servi de "justification" à la stigmatisation de l' "Autre" différent, partout sur la Terre.

Il faut refuser avec force, toutes mentions intolérables de «  l'ennemi de l'intérieur  » d'où qu'elles viennent. Si elles sont dites par des responsables politiques, leur responsabilité est engagée. Cela ne peut que conduire au pire. Les espagnols musulmans sont espagnols. Notre constitution reconnait la liberté religieuse. Donc, nul ne peut exclure de la nationalité aux nationaux de telle ou telle religion. On ne peut pas rejeter les musulmans de la communauté nationale. On ne peut pas les stigmatiser et ensuite, se dire étonner des problèmes d'intégration.

Des millions de personnes ont crié « Je suis Charlie ». Dans cet esprit, il faut refuser le racisme et le rejet de l'Autre. Il faut refuser les politiques de boucs-émissaires. Il faut refuser un « Patriot Act » contraire aux valeurs de la démocratie espagnole. Du  fait, le PSOE va payer très cher l’appui au nouveau projet de loi pénale. Aux crimes odieux commis par les térroristes, il faut répondre, bien sûr, par l'application du Droit mais aussi, il faut construire un discours avec plus de « vivre ensemble », plus de solidarité. Cela nous impose de  faire en sorte que la devise « Liberté, Egalité, Solidarité» ne se limite pas à être des mots creux mais devienne enfin, de jour en jour davantage par notre volonté partagée, la réalité de tous les jours dans nos villes et nos quartiers. Ceux qui sèment les germes de la relégation, de l'exclusion, du racisme sèment les germes de la violence. Nous ne sommes pas les premiers á le dire mais il faut le répéter: «L'obscurantisme, l'ignorance et la misère intellectuelle qui ont été à l'origine des drames que nous avons vécus, se combattent avec l'éducation et la culture".

Depuis le 11 septembre 2001, la "guerre contre le terrorisme" n'a fait qu'amplifier le chaos et conduit le monde à une dangereuse impasse. L’expérience prouve que la guerre contre le terrorisme n’est gagnable par personne. C’est aux causes qu’il faut s’attaquer. Contre la «guerre des civilisations» qui conduit le monde à une catastrophe irrémédiable, il est urgent d’agir pour un monde de justice, de paix et de démocratie !

dimanche 11 janvier 2015

#Je suis Charlie

Chère France
Tu peux imaginer avec quelle tristesse j’ai suivi les attentats de Paris. Nous, les espagnols, nous connaissons trop ces situations. L’assassinat d’une personne soit disant contraire au dogme ça a toujours été du fascisme. Ils ont beau l’appeler « cause révolutionnaire », c’est l’élimination d’un opposant politique. Donc, quelqu’un a décidé qu’une autre personne doit mourir.


Moi, je  suis contre la peine de mort. Je ne crois pas que l’état puisse se « venger » quel que ce soit le délit commis. Tu comprends ce que je pense d’un individu qui a décidé de tuer un autre. Ce dont je suis sûr c’est que cette violence est inutile pour leur cause. Au contraire, ces méthodes éloignent la possibilité de triomphe pour leurs objectifs. Nôtre victoire, celle des démocrates,  est sûre même s’il y aura encore d’autres batailles à livrer. Même s’il y aura beaucoup d’autres douleurs à soigner.

Enfin, ma chère France, j’espère que tu puisses te reposer après ce difficile week-end et continuer d’irradier du bonheur á tous ceux qui ont la chance de vivre là-bas.

dimanche 24 août 2014

Barcelone : Un fracas du modèle de tourisme

La ville de Barcelone veut recevoir 10 millions de touristes.

Cet objectif municipal est très audacieux mais il peut produire des retournés imprévus. Pour l’instant, les résultats sont douteux. Les habitants du centre-ville, ceux du quartier « Cuitat Vella » en ont assez de vivre dans leur quartier dégradé. La vidéo suivante explique les dégâts du tourisme qui ont transformé le quartier en un parc d’attraction. 

jeudi 17 juillet 2014

Les mairies el la Loi Taubira

Aujourd'hui,, 17 juillet 2014, le Parlement a définitivement adopté la très controversée réforme pénale défendue par Christiane Taubira, actuelle  gardes des Sceaux, ministre de la Justice. L'objectif de ce projet de loi était de punir plus efficacement, en adaptant la peine à chaque délinquant, afin de mieux prévenir la récidive. Cela concerne uniquement les auteurs de délits (vols, dégradations, outrages, délits routiers, violences…) et non les criminels (auteurs de viols, de meurtres, de vols à main armée…).  Le levier principal de cette loi est l’adaptation de la peine à chaque délinquant.

Le parcours de la loi au Parlement a été très mouvementé.  Non seulement parce que tout ce qui relève des délinquants est susceptible de démagogie populiste, mais surtout parce que le gouvernement français a changé la philosophie du système des peines.

lundi 26 mai 2014

Elections européennes en Espagne

Les résultats des élections européennes sont toujours soupçonneux. Historiquement, ils semblaient être sans valeur. Cependant, cette fois-ci, la citoyenneté a voté en sachant que la première personne de chaque liste pouvait être élue Président de la Commission européenne. Donc, c’est un premier pas vers un nouveau modèle de ParlementEuropéen.

Depuis  le début de la crise économique, les cauchemars de pires sentiments sont apparus. En Europe, c’est la croissance des sentiments racistes classiques. La peur de l’autre. L’étranger délinquant. Bref, des sentiments connus depuis la République de Weinar, en Allemagne.

mercredi 12 mars 2014

Onze mars 2004

             Il y a dix ans, le onze mars 2004, les attentats terroristes de Madrid, ont fait 192 morts y 1.430 blessés. Ces chiffres représentent les victimes directement de trois trains chargés de voyageurs qui allaient vers Madrid á l’heure de pointe matinale.
En plus, il faut aussi reconnaitre que les dégâts auraient pu être bien plus lourds. En effet, ces trois trains devaient rentrer en gare plus ou moins au même moment, vers 7 heures trente. L’objectif était donc de provoquer une bousculade meurtrière suivie d’un possible effondrement du toit de la gare d’Atocha.
         Même si les trains n'ont pas explosé tous ensemble, les attentats ont provoqué beaucoup de victimes. Bien que les conséquences restent bien tragiques, il y a toujours pire. À ces victimes directes des trains, il faut aussi ajouter la mort d’un policier à Leganés. Piégés par la police, les terroristes se sont immolés en faisant exploser tout leur arsenal. Leur appartement a été littéralement vidé par l’onde expansive des explosifs.

jeudi 26 décembre 2013

BAGARRE DE MICKEYS Á MADRID





Quand les habitants de la ville de Madrid ont vu la bagarre dans la Place nommée Puerta del Sol, ils se sont demandés : comment en sommes-nous arrivés là ?

Tout d’abord, il faut dire que la Mairie de Madrid est gouvernée par le Parti Populaire depuis 1991. Même deux ans avant, il avait pu gouverner avec un parti centriste.  Donc, depuis vingt-trois ans, ce parti est au pouvoir. Il a toujours gouverné sans problèmes. Première conséquence : un ramollissement de la rigueur de la gestion de la ville.
Deuxième conséquence, il faut reconnaitre que ce gouvernement local n’a jamais voulu s’occuper de l’animation des rues. Son idée est très claire. Il prône que moins d’animation dans les trottoirs, plus de public voudra rentrer dans les locaux privés. Comme résultat de ce manque de control des rues, les mafias se sont emparées des activités des mendiants et autres « demandeurs de solidarité ».

vendredi 11 octobre 2013

DESTRUCTION DES TOURS: LE NOUVEAU MODÈLE




La vidéo
Cette vidéo est un luxe pour les espagnols. En effet, le six juin 2010, les trois tours de la cité des Indes à Sartrouville (Yvelines), comptant 251 logements, ont été démolies par foudroyage. En quelques secondes, les trois tours de 13, 15 et 17 étages se sont effondrées dans un épais nuage de poussière et de gravats. Le quartier des Indes compte 4.200 habitants, sur les 53.400 habitants de Sartrouville, au nord-ouest de Paris. Appeler quartier, il a été construit et connut, dans les années 1970, comme la Cité des Indes.

Années 60 et 70
Ce type de construction fut une réponse au nombre de gens à loger en France au début des années 70. Dans les villes, le logement inconfortable était encore très répandu dans les centres anciens. C’est pour cela que furent construits les logements sociaux qui deviennent très vite obsolètes. Résistants grâce au béton, les grands ensembles avaient un cadre de vie très contesté, dû aux conditions de logement.

Crise de 1975
Conséquence de la crise du pétrole de 1975, la loi de 1977 inaugure le désinvestissement de l’Etat du champ de la construction de logements. C’est le début de la ruine. Une grande partie de la population qui a droit á un logement social, d’après son niveau de revenus, n’arrive pas á y accéder par le biais d’attributions sélectives et discriminatoires. Une autre partie résiste dans les tours. En effet, la politique de rénovation urbaine a inauguré un cycle de démolition des logements sociaux et de renouvellement urbain par la construction privée ou soi-disant sociale. Ce n’est pas toujours du gout des habitants de la cité. Pour eux, c’est leur espace communautaire, leur identité. C’est pourquoi ils se sont parfois mobilisés dans le cadre de la «Coordination anti-démolition».

Le logement en Espagne
Pour la plus grande partie des espagnols, le logement est un luxe. Le logement social n’existe pas. Avec un énorme taux d’économie submergée, tous les systèmes publics de distribution des logements sont faussés. Donc, tout le monde croit que l’autre ne paye pas ses impôts. C’est vrai. Les grands tricheurs sont les grandes entreprises qui ne payent pas l’impôt des sociétés. Les citoyens le savent mais doivent payer un cher impôt sur le revenu. Comme ils ne peuvent lutter contre ça, ils essaient d’en participer. Donc, les mairies ont organisés la construction des logements sociaux axés sur la propriété. Le seuil public est offert aux entreprises qui construisent des  bâtiments « sociaux ».  

« Gagner » un logement social
Le logement social ne se loue pas. Il se vend. Le droit d’acheter un appartement est gagné dans un « spectacle public ». Normalement, ça se fait dans un pavillon sportif. Le public voit comment un notaire organise la loterie. Tout le monde a un « billet ». Les mérites sont très élastiques pour que quiconque puisse avoir le droit de participer. Le notaire garantie le système.

La situation
Donc, il n’y a pas de politique publique d’intégration clairement lisible au cours des années de politique de la ville. Il y a un déplacement sociologique évident. Les personnes âgées restent dans le centre-ville parce qu’ils n’ont pas les moyens économiques de partir. Les jeunes accèdent à la propriété des nouveaux bâtiments mal-appelés sociaux.  Les jeunes espagnols partent vers les quartiers neufs et laissent les anciens logements aux étrangers. Le discours sur l’intégration sociale reste un discours. Beaucoup de paroles, mais peu de projets. La xénophobie s’est installée là où les mairies ont abandonné leur devoir de gérer l’espace public.

Immigration
Avec la crise économique, le problème d’intégration sociale a changé. Beaucoup d’immigrants sont repartis dans leurs pays. De nombreux logements du centre-ville ont perdu leur valeur. Pour l’instant, les nouveaux espagnols nés de parents immigrés sont ceux qui ressentent le plus durement le racisme manifeste dans toutes ces discriminations. Quelques-uns d’entre eux le verbalisent et en font la base d’une action sociale et politique. La plus grande partie se réfugie dans le groupe identitaire et national. Le plus grand nombre méprise la revendication politique et s’adonne plutôt à des formes de contestation artistique. Quelles que soient les formes adoptées, elles sont généralement incomprises et négligées, voire caricaturées.

Conclusion
En France, mettre en avant la crise des quartiers est une manière d’éviter de faire face à la crise de société qu’elle révèle et de l’analyser autrement que par des amalgames simplificateurs. En Espagne, le chômage a grimpé à plus de six millions de personnes pour un pays de 45 millions.  Surtout à cause de l’effondrement du l’immobilier. Bien pire que la démolition des tours




mardi 5 mars 2013

L’insecurité des femmes dans la ville

En Espagne, les Mairies ont les moyens d’augmenter le sentiment de sécurité des femmes. En effet, un grand nombre de parcours de la ville est organisé par les hommes. Cependant, là ou un homme voit un passage sous la route, une femme voit un risque, une crainte, pire encore, un danger.

Dans cette explication, il n’y a pas un discours féministe. Ce sont des données scientifiques.  Le sentiment d’insécurité et le genre sont intimement liés. La femme est malheureusement plus facilement attaquée dans de nombreux quartiers.

Donc, comment est-il possible que les nouveaux travaux d’aménagement du territoire continuent de faire ressentir cette crainte aux femmes. L’explication provient du système suivi dans l’élaboration du projet.