mardi 12 août 2014

Espagne : État régional corrompu

FRANCE: NOUVELLES RÉGIONS
En France, l’assemblée nationale a approuvé le projet du gouvernement sur le «recoupage » régional du pays. Pour l’instant, 13 futures régions sont prévues au lieu des 22 régions qui existent aujourd’hui. Pour cette nouvelle distribution du territoire, de très bonnes explications économiques sont données. Cependant, il existe aussi de sérieuses explications politiques qui naissent en Espagne.


ESPAGNE: ÉTAT REGIONAL
L’organisation territoriale de l'Espagne, un État régional, se fonde sur l'article 2 de la Constitution espagnole de 1978 qui dispose l'unité indissoluble de la nation espagnole, tout en garantissant le droit à l'autonomie des nationalités et régions qui la composent et la solidarité entre elles. L’article 137 dispose que l'État distribue son territoire entre les communes, les provinces et les communautés autonomes qui se constituent. Toutes ces entités jouissent de l'autonomie pour gérer leurs intérêts propres. 


TITRE VIII DE LA CONSTITUTION
Le titre VIII de la Constitution Espagnole s’appelle « Organisation territoriale de l’État ». Dans son troisième Chapitre, les communautés autonomes sont divisées en deux types: d’une part, les régions autonomes définies par l'article 143 qui établit les procédures pour leurs créations. De ce cas, se trouvent les régions qui ont été poussées vers l’autonomie. D’autre part, se trouvent les anciennes régions dites historiques. Ces nationalités sont définies par l'article 151 qui a permis un processus d'autonomie accéléré. Dans ce groupe, se trouvent celles qui avaient déjà bénéficié d'un statut d'autonomie pendant la IIe République : Catalogne, Galice et Pays Basque. Tout ce procès de consensus et volonté nationaliste a produit, pour l’instant, 17 régions autonomes et deux villes autonomes Ceuta et Melilla. En plus de cette division, la plupart de ces communautés sont elles-mêmes divisées en plusieurs départements, appelés provinces.

SUPERFICIE

Pour fuir la démagogie nationaliste, la table ci-dessous présente les régions espagnoles classées par superficie et pourcentage par rapport à tout le pays.


Nom

Superficie

%

Ordre

Castille-et-León

94 223 km2

18,6

1

Andalousie

87 268 km2

17,2

2

Castille-La Manche

79 463 km2 

15,7

3

Aragon

47 719 km2 

9,4

4

Estrémadure

41 634 km2 

8,2

5

Catalogne

32 114 km2 

6,3

6

Galice

29 574 km2 

5,8

7

Communauté valencienne

23 255 km2 

4,6

8

Région de Murcie

11 313 km2 

2,2

9

Asturies

10 604 km2 

2,1

10

Navarre

10 391 km2 

2,1

11

Communauté de Madrid

8 028 km2 

1,6

12

Îles Canaries

7 447 km2 

1,5

13

Pays basque

7 234 km2 

1,4

14

Cantabrie

5 321 km2 

1,0

15

La Rioja

5 045 km2 

1,0

16

Îles Baléares

4 992 km2 

1,0

17

Ceuta

18,5 km²

0,00365

18

Melilla

12,3 km²

0,00244

19

ESPAGNE

505 988 km2 

100 %

 

 

CONCLUSION

On peut dire que cette distribution de territoire s’est établie au moi de mai 1982, avec les premières élections aux parlements régionaux. Cependant, la crise économique a provoqué un grand débat sur les frais et la corruption de ces pouvoirs locaux.  Le dernier scandale a été celui de « l’honorable » Mr Jordi Pujol, ancien président de la région de Catalogne. Il dit avoir reçu un héritage de son père, ancien banquier, qui lui aurait laissé plus de 3.000 millions d’euros. Pendant 37 ans de pouvoir, il n’a pas eu le temps d’arranger sa situation avec le fisc espagnol. Curieuse excuse.

Dans le prochain post, cette situation permettra d’avancer un possible changement territorial qui soit utile pour lutter contre la corruption.

mardi 5 août 2014

Le nationalisme catalan.

En Espagne, la rentrée du cours politique commence le Onze Septembre. Depuis 1978, la journée est fériée en Catalogne. Là-bas, les travailleurs en profitent pour partir à la plage. Les étudiants savent que c’est la dernière fête avant la rentrée scolaire. Les politiciens font leurs devoirs en déposant des couronnes de fleurs face à la statue de Rafael Casanova i Comes, dernier conseller en cap (le chef des conseillers du Conseil des Cent) de Barcelone.

ONZE SEPTEMBRE 2001
Pour un bon nationaliste catalan, on ne doit pas parler des attentats de onze septembre 2001 á New York. En fin de compte, ce n’est pas important que des membres du réseau djihadiste islamiste Al-Qaïda perpètrent quatre attentats-suicides en faisant 2 973 victimes. De plus, ils détruisirent les tours jumelles du « World Trade Center ». Après ces événements, le monde occidental avait commencé une guerre en Afghanistan qui semble ne jamais finir. Ce n’est pas important puisque c’est arrivé aux États-Unis.

ONZE SEPTEMBRE 1973
Pour un bon nationaliste catalan, on ne doit pas parler non plus du coup d’État au Chili du 11 septembre 1973. Ce jour-là, un coup d’État militaire renversa le gouvernement de Salvador Allende, président élu démocratiquement, et installa un régime autoritaire jusqu’en 1990. Ce n’est pas important non plus puisqu’il était socialiste.

ONZE SEPTEMBRE 1714
Pour un bon nationaliste catalan, ce qui est important ce sont les faits du 11 Septembre 1714, á Barcelone. Après 11 mois de blocus et 61 jours de tranchée ouverte, le chevalier d'Asfeld part à l'assaut de la tranchée et emporte la place. Cette dernière bataille de la guerre de Succession d'Espagne, qui oppose de 1701 à 1714 l'archiduc Charles Louis d'Autriche, soutenu par la Grande-Bretagne, l'Autriche, et les Pays-Bas, à Philippe V d'Espagne, soutenu par la France et l'Espagne dans la lutte pour la succession au trône d'Espagne.

GUERRE CIVILE DE 1700 A 1715
Mais le débat commence quand on étudie les évènements de ce jour-là. Bien sûr qu’il y eut une bataille mais l’objectif n’était pas une catalogne indépendante. L’objectif était très simple. C’était d’assoir une personne dans le trône du roi qui soit favorable aux intérêts d’un groupe face á un autre. Rien de neuf dans l’historie du monde. Pour les élites, c’est une guerre économique. Pour le peuple, c’était une guerre civile.

CHARLES II
La guerre civile qui existait en Espagne était due à la déchéance de la monarchie espagnole du coté politique et du coté personnel du roi Charles II. Pour le régime, le XVII siècle est celui de la crise économique, de l’assèchement de la richesse americaine et des problèmes religieux aux Pays-Bas.
Pour la figure du roi, il faut dire que l’Histoire l’appelle l’Ensorcelé. Le dernier Roi de la maison d’Autriche était né le 6 novembre 1661. Tal était sa santé qu’il reçut le surnom d'« Ensorcelé » (Hechizado). Son lamentable état physique était du aux mariages consanguins successifs contractés par ses ascendants royaux. Une telle dégénérescence lui provoquait une très mauvaise santé dans un corps rachitique, malade et faible. De plus, il était stérile. Cet état physique le rendait incapable d’avoir un héritier. Avec toutes ses conditions, tout seul, il réussit à mettre un terme définitif au règne de la Maison de Habsbourg sur les couronnes d'Espagne. Peu soucieux de ses responsabilités mais pressé par son principal conseiller le cardinal Portocarrero, Charles II avait demandé l'avis du pape Innocent XII pour choisir le futur roi d’Espagne.

SOLUTION FRANÇAISE
Charles II choisit la solution française le 2 octobre 1700 en faisant du jeune duc d'Anjou, 17 ans, son légataire universel. Cette décision était très risqué puisqu’il était le deuxième fils de Louis de France, dit « le Grand Dauphin », et petit-fils du roi Louis XIV. La filiation française du nouveau roi était un grave problème puisqu’elle renversait l’équilibre des forces en Europe et aux Amériques. Le nouveau roi commence à régner sans opposition citoyenne entre 1700 et 1705. Du fait, il se déplace à Barcelone pour jurer, le 4 octobre 1701, ses lois et coutumes. Il y vit pendant six mois. Cependant, il doit laisser la ville pour organiser la défense du royaume sérieusement attaqué par les prétendants pro-autrichiens.

CONCLUSION
Dans toute « belle » histoire de nationalisme, les faits du passé sont interprétés avec les schémas du présent. Aujourd’hui, de nombreuses régions du monde évoquent leur passé avec la vision démocratique. Ce point de vue commence en France, en 1789, avec la Révolution. En Espagne, il faut attendre jusqu’à la Constitution de Cadiz en 1812. Tout événement historique que s’est développé avant 1812 est dû aux batailles entre élites bourgeoises qui luttent pour augmenter leur pouvoir, leur niveau de vie. La liberté et le bien-être du peuple ne les intéressaient pas. Dans les pires situations, l’élite qui organise le conflit a toujours les moyens d’arranger sa situation. Par contre, le peuple doit survivre avec les vainqueurs. 

vendredi 25 juillet 2014

La corruption dans le secteur public espagnol

La lutte contre la corruption dans le secteur public est un des objectifs politiques du gouvernement espagnol. Avec telle solennité, quelqu’un pourrait croire à la bonne volonté de son exécution. Donc, pour prouver cette négation, ce texte va expliquer quelques touches á connaître.
En finir avec 36 ans de dictature
Tout d’abord, il faut savoir que les règles du jeu démocratique espagnol ont été fixées par une fameuse « transition politique». Le 20 novembre 1975, le chef de l’État Francisco Franco est mort tranquillement d’une longue vieillesse. Les dauphins du dictateur savaient qu’ils ne pouvaient pas continuer à gouverner un pays qui avait bien changé depuis le premier mars 1939, à la fin de la guerre civile. 36 ans de dictature. L’opposition politique savait qu’elle ne pouvait pas renverser le régime politique décrépi. Le peuple espagnole voulait vivre comme le reste des européens, en liberté en en prospérité. De plus, la crise économique due au pétrole avait brisé le rêve du miracle espagnol.

jeudi 17 juillet 2014

Les mairies el la Loi Taubira

Aujourd'hui,, 17 juillet 2014, le Parlement a définitivement adopté la très controversée réforme pénale défendue par Christiane Taubira, actuelle  gardes des Sceaux, ministre de la Justice. L'objectif de ce projet de loi était de punir plus efficacement, en adaptant la peine à chaque délinquant, afin de mieux prévenir la récidive. Cela concerne uniquement les auteurs de délits (vols, dégradations, outrages, délits routiers, violences…) et non les criminels (auteurs de viols, de meurtres, de vols à main armée…).  Le levier principal de cette loi est l’adaptation de la peine à chaque délinquant.

Le parcours de la loi au Parlement a été très mouvementé.  Non seulement parce que tout ce qui relève des délinquants est susceptible de démagogie populiste, mais surtout parce que le gouvernement français a changé la philosophie du système des peines.

vendredi 4 juillet 2014

Paris, capitale de la ségrégation scolaire au lycée

Dans le journal LE MONDE du premier juillet 2014, une mauvaise nouvelle a été publiée. A l'heure de l'affectation en lycée des 400 000 collégiens de 3e admis en 2de générale, l'angoisse des familles est à son comble. Si, en zone rurale, le suspense est limité par l'absence de choix, en Ile-de-France, le spectre du « mauvais » lycée inquiète. D'autant que d'une académie à l'autre, le poids des critères (lieu d'habitation, bourse sociale, notes en 3e, handicap…) reste opaque.

En 2012, à Paris, la moitié des élèves favorisés ont été scolarisés dans des lycées généraux accueillant moins de 3 % d'élèves défavorisés (alors que ces derniers représentent 17 % des lycéens). La même année, dans l'académie de Créteil, la moitié des lycéens fils de chômeurs et d'inactifs n'ont été mélangés qu'à 11 % de fils de cadres supérieurs et d'enseignants. Dans l'académie de Versailles, 14 % des enfants favorisés se sont retrouvés dans des établissements scolarisant la moitié des lycéens défavorisés de l'académie. On savait que les lycées franciliens cultivaient l'entre-soi. Désormais, on le mesure.

mercredi 4 juin 2014

France - Espagne: Futures révisions constitutionnelles

14 futures grandes Régions et zéro département en 2020
Ce blog veut rapprocher les français avec la vie politique espagnole. Donc, il faut souvent faire  des pirouettes intellectuelles pour comprendre comment une mesure rationnelle française serait très mal reçue dans un pays autant décentralisé comme l’Espagne.

Projet français
Hier, 3 juin, Mr François Hollande, le Président de la République a confirmé la suppression des conseils généraux pour l’année 2020. En France, le conseil général est l'assemblée délibérante élue au suffrage universel d'un département. C’est un organe collectif qui est composé par les conseillers généraux. Ceux-ci sont élus au suffrage universel direct uninominal à deux tours, à raison d'un conseiller par canton. Les mandats sont de six ans, avec renouvellement par moitié tous les trois ans.